Biographie

Théo Lopez s’est investi très jeune dans une démarche artistique. En 2008, sa rencontre avec le collectif 9ème Concept l’incite à prendre un virage pictural décisif. Entouré d’artistes confirmés et mu par une curiosité grandissante grâce à ses nombreux voyages en Russie, en Israël ou aux Etats-Unis , il étend sa vision au-delà de ses aspirations originelles. A 30 ans, il partage son univers singulier à travers un œil aiguisé.

Inspiré d’abord par des influences tribales et spirituelles, Théo Lopez bascule aujourd’hui dans l’abstrait. Créant des œuvres chargées de motifs et d’effets d’optiques à ses débuts, sa recherche est aujourd’hui guidée par un besoin de revenir aux fondements, à l’essence même de sa ligne. À l’instar des Constructivistes Russes, de l’Abstraction Lyrique européenne, de l’expressionnisme abstrait américain ou encore de ses contemporains graffuturistes. Il élabore une poésie dans le travail de la matière, de la ligne et de la couleur.

 

L’expérimentation fait partie intégrante du processus créatif de l’artiste. La création d’une œuvre oscille ainsi constamment entre deux concepts opposés mais complémentaires : réflexion et spontanéité. Son premier travail, spontané et intuitif, se forme d’écritures aléatoires courbes et de gestuelles qu’il structure ensuite avec des lignes droites et des formes géométriques.  

Cette opération répétée engendre une transformation. L’artiste ne suit pas de cheminement pré défini, la peinture se construit en temps réel. Découper, casser, tracer, structurer, recouvrir, ajouter, gratter, dissimuler, révéler...Théo Lopez conçoit la peinture comme un sculpteur, jouant avec l’aléatoire et provoquant l’accident pour s’en inspirer. De la métamorphose émane une poésie hybride. Les différentes couches se fondent, les couleurs dialoguent, les lignes vibrent et se répondent, la peinture accumulée prend du relief. Ces contrastes évoquent des flux d’énergies, des lueurs subconscientes, la toile est habitée. Articulant de cette façon toutes ces contradictions apparentes, il réussit à réveiller entre elles de secrètes harmoniques, qui en définitive vont devenir la signature de son propre style.

                                                         

 

         

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Theo Lopez has invested very early in an artistic approach. In 2008, his meeting with the 9ème Concept artist collective encouraged him to take a decisive pictorial turn. Surrounded by established artists and driven by a growing curiosity through his numerous trips to Russia, Israel or USA, he extends his vision beyond its original aspirations. At 30, he shares his singular artistic universe through a sharp eye.

 

At first inspired by tribal and spiritual influences, today Theo Lopez gravitates towards the abstract style. Initially creating works with patterns and optical effects, the artist in his research is driven by a need to return to the basics, to the essence of his line. Alike the Musicalism, European lyrical abstraction artists, American abstract expressionists or the contemporaries of the artist - the graffuturists, he develops a poetry working with the material, the line and the color.

 

 The experimentation is an integrant part of the creative process of the artist. The creation of the work oscillates constantly between two opposite but complementary concepts: reflection and spontaneity. His first work, spontaneous and intuitive, is formed of random curves and gestures that the artists then structures with straight lines and geometric shapes.

This repeated process generates a transformation. The artist does not follow the predefined paths, he builds his painting in real time. Cut, break, trace, structure, cover, add, scrape, conceal, reveal ... Theo Lopez conceives the painting as a sculptor, playing with the random and causing the accident for inspiration.

 

The metamorphosis emanates a hybrid poetry. Multiple layers blend together, the colors dialogue, the lines vibrate and echo, the accumulated painting gains dimension. These contrasts evoke energy flows, subconscious lights, thus the canvas becomes inhabited. Articulating this way all these apparent contradictions, the artist manages to awake secret harmonies in his work, which ultimately defines his style.

 

                                                                                                      

 

Etude de l'historien d'art RENAUD FAROUX

Théo Lopez : Du spirituel dans le graff

   

Théo Lopez alors qu’il n’avait que 18 ans s’est fait remarquer au sein du collectif d’artistes du 9e Concept créé par Stéphane Carricondo, Ned et Jerk 45. A peine sorti de son école de graphisme, il devient en 2008, le plus jeune créateur à intégrer ce groupe de peintres, graffeurs et graphistes créé à Montreuil au début des années 1990. Pour des campagnes évènementielles de la marque « Desperados », il sillonne les clubs de France avec danseurs, chanteurs, comédiens, DJ, et signe ses prestations « TO », son nom de scène. En pleine vague « Body painting », dans des soirées il produit des tatouages éphémères qui enflamment le public. Il garde un souvenir ému de cette période et raconte qu’en dessinant sur la peau, il avait pris conscience que la toile aussi pouvait être une matière vivante. Cherchant une identité propre, il se rapproche de Romain Froquet, un de ses collègues du collectif d’art urbain, avec qui il partage une passion autour du dessin tribal polynésien. Dans ses premières compositions, il s’inspire de masques ethnographiques, recompose des entrelacs maoris mêlés à des éléments anthropomorphes, - visages, yeux, plumes - qui donnent naissance à des villes futuristes, un univers onirique et mystique. Ses représentions kaléidoscopiques de visages colorés, ses foisonnements de végétaux, se caractérisent par un point commun : l’utilisation rigoureuse de la symétrie. Théo Lopez explique qu’une représentation récurrente dans le motif évoque pour lui quelque chose de spirituel et de vivant comme si, par la géométrie, la toile devenait habitée.

 

A partir de 2013, lors de ses premières expositions, il présente des pièces où des lignes aléatoires, des nœuds compliqués se transforment en paysages, en totems à identités multiples. L’atmosphère semble peuplée de perroquets et autres oiseaux fabuleux. De drôle de masques et des saltimbanques les font voler au rythme harmonieux d’une joyeuse musique chromatique. Faune et flore étalent leur luxuriance dans des paysages tropicaux comme sous les enchantements de jardins inventés, d’eaux argentines pleines de poissons phosphorescents. La nature, telle une belle mécanique, compose une nouvelle arche de Noé à base de pylônes métalliques et modernistes. La perspective multiplie les angles de vue, nie la hiérarchie des points de fuite dans un chromatisme brûlant et des contrastes nets de couleurs primaires.

 

Avec les membres du « Terrier », Matthieu Dagorn et Olivia Da Bona, et ceux du 9e  Concept, Théo Lopez a construit de vraies amitiés et raconte : « Tous m’apprennent quelque chose d’important : le travail d’équipe est bénéfique. Etre ensemble, faire ensemble, c’est ce qui permet d’avancer, de se remettre en question par une confrontation constante et positive. On s’entraide, on se file des coups de mains sur des projets.  Etre artiste est synonyme d’intimité et donc de solitude et il est très important pour moi d’être aussi lié à des rencontres, à des ouvertures sur le monde. J’aime le partage. » 

 

Son passage de la figuration à l’abstraction date de son séjour en Israël en mai 2015. Est-ce un hasard ou une véritable conversion ? Son premier travail vraiment abstrait apparaît au cours de ce voyage de dix jours, où il était parti peindre des fresques avec des artistes locaux. Il garde aussi en mémoire de cette aventure muraliste son émotion et son questionnement devant le mur des Lamentations à Jérusalem, autant que devant celui qui coupe le pays avec la Palestine. La solution plastique sera sa prise  de conscience que par la peinture, l’espace devient élastique ! Tel Orphée, l’artiste nous invite à traverser les murs comme les miroirs. Cette expérience sera d’ailleurs à l’origine de son intérêt pour les arts numériques et des créations à base de « réalité augmentée ». Il précise : «  C’est l’énergie spirituelle de Jérusalem qui m’a beaucoup inspirée, pas particulièrement les religions, mais plutôt la présence d’une force ancrée dans le sol et tournée vers le ciel, une impression d’élévation. J’ai ressenti cette même sensation à Barcelone devant les tours de la  Sagrada Familia. » Il modifie alors son vocabulaire ou plutôt se concentre sur des détails, sur l’essentiel, comme dans un gros plan. L’artiste découvre la dimension spirituelle qu’il recherchait auparavant en se focalisant sur un simple élément de ses  grands masques tribaux. Ses impressionnants fétiches bariolés avaient pris déjà une grande amplitude dans la fresque réalisée lors de « Résidence avant Destruction » au Carré Bonnat à Bayonne en 2014. Au cours de cette exposition au Pays Basque des rencontres plastiques fructueuses avaient eu lieu entre les artistes du  collectif du 9e  Concept et Hervé Di Rosa et Jean Faucheur.

 

A partir de cette expérience formatrice, Théo Lopez va recadrer son sujet dans ce qu’il peut avoir de plus abstrait, de plus géométrique et s’interroger sur le processus et les moyens de production qu’il s’agisse du support ou de l’utilisation de caches, de bombes aérosols ou d’adhésif. C’est ce matériau qui va l’intéresser plus particulièrement car il permet de laisser visible dans ses dévoilements successifs différentes couches déposées au préalable. Il sert aussi bien à dessiner qu’à mélanger des couleurs et des matières. Il révèle ce qui a été caché, protégé, en dessous, comme le fait l’épiderme avec le derme. C’est comme le calque qui laisse transparaître plusieurs épaisseurs. Cette utilisation originale d’un vulgaire papier collant va lui permettre de mettre en œuvre des mutations formelles et chromatiques. Il se met à jongler entre construction et décomposition et poser des structures pour mieux les casser, perturber l’équilibre pour retrouver quelque chose de spontané et surtout d’aléatoire. 

A l’aide de rouleaux, il trace, aligne, ordonne plusieurs couleurs qui dessinent des formes organiques, boyaux, viscères, tuyaux puis reprend les formes à la bombe pour mettre en avant des effets tranchants syncopés par des aplats. Il joue aussi sur le ton sur ton, noirs plus ou moins foncés, effets de brillance et de transparence qui cisaillent la matière première. Il accentue les contrastes entre le chaud et le froid, le clair et l’obscur, le mat et le brillant, le rugueux et le lisse, la droite et la courbe. Les volutes délicates, la saillie de volume laissent libre cours à un graphisme original qui de manière formelle le rapproche de la calligraphie orientale sans intentions volontaires de sa part. 

Par ces démarches, il cherche la vitesse et accepte l’idée d’accident, de rupture même, afin d’amener du vivant. Ce qui préoccupe l’artiste c’est donc de faire vivre des contrastes, d’animer des rythmes. Il va produire sa série « Moonlight » en 2015 avec des toiles comme « Stardust », « Eclipse », « Aurores Boréales » où il s’intéresse à la lumière lunaire et se questionne sur les illuminations qu’on trouve dans l’espace. Les mouvements ascensionnels sont rendus par des aspects vaporeux et éthérés. Par le geste qui doit être rapide et précis, il implique tout son corps, ce qui convient bien à ce sportif de haut niveau, spécialiste en arts martiaux. Quand le corps n’est pas figé, la toile semble en marche. Les expériences extatiques vont de pair avec l’engagement du corps comme chez les derviches tourneurs qui ne connaissent pas l’extase si leurs corps ne tournent pas. Sur la toile, le ciel devient alors visible, les étoiles sont comme palpables. Il peint ce qui semble inatteignable et vise par là une sorte d’extase.

 

Tout rapport représentatif, figuratif, est éliminé au profit du seul jeu de la couleur, des taches et des lignes. La bombe aérosol constitue son moyen de peindre favori. Il aime sa facilité d’utilisation, sa rapidité, ses multiples orientations de projections de peinture, ses possibilités offertes de dégradé et de relief. Il utilise le spray de différentes manières : en « nébulosités » » avec des capsules biseautées normalement utilisées pour la calligraphie, ou encore en mouvement, surtout pour les grands formats qui impliquent une large gestuelle corporelle. 

 

Inventer, c’est renouveler. Peut-être pas renouveler les idées, mais transformer les techniques et donner naissance à de nouvelles idées. L’abandon de toute figuration donne vie à un nouveau langage des signes, marqué par une gestualité exacerbée qui revendique la prééminence du signifié sur le signifiant. Ce qui caractérise cet élan artistique est la mise en place d’une pratique dictée par l’instinct et un rapport inédit au matériau pictural pour faire le procès d’une certaine rationalité. Théo Lopez s’inspire du monde organique, pour retrouver la peinture à l’état naissant. Pour contrer le risque de dissolution de la forme abstraite, il agence des aplats, intègre le motif de la grille dérivé du cubisme et installe à l’avant plan un réseau graphique qui entretient un rapport dynamique avec le fond. A la manière des artistes de l’Abstraction lyrique : Hans Hartung, Gérard Schneider, Pierre Soulages, Ladislas Kijno (à qui il a rendu hommage en reprenant la forme d’une de ses « Balises » emblématiques), ce n’est plus la main mais le bras qui est à la manœuvre. Dans son art non-figuratif, Théo Lopez a toujours été très curieux de la démarche des avant-gardes historiques : le dynamisme des formes des futuristes italiens, l’éclatant rayonnisme de Michael Larionov, la rigueur géométrique des constructivistes, la spiritualité des compositions et l’emploi des couleurs des peintres du « Cavalier Bleu » Franz Marc, August Macke, et plus particulièrement de Kandinsky pour ses liens avec la synesthésie, les résonances intérieures, les « correspondances » entre couleur et musique. Comme lui, il cherche à provoquer des effets symphoniques mais loin des compositions mystiques d’Alexandre Scriabine qui tendent  « Vers la flamme », Théo Lopez est plus proche des sonorités et harmonies de l’électronique actuelle.

 

Durant l’été 2018, l’inattendu frappe encore par l’entremise d’une invitation à un voyage en Russie pour une découverte de la Taïga. Outre la nature à foison, les lacs, le vert des arbres qui se reflètent dans l’eau, c’est la lumière de juillet dans la forêt immense et des couchers de soleil qui durent cinq heures qui fascinent le jeune peintre. L’artiste est touché ici par l’esprit de la forêt et son sentiment magique de liberté. Cette deuxième expérience fondatrice après celle en Terre Sainte le conforte  dans sa quête utopique du rayon vert ! Ses expériences physiques, ses voyages, il les concrétise comme en détournant le châssis de ses toiles pour leur donner l’apparence d’un carré en perspective, puis s’essaye au tondo pour mieux rendre compte de son univers fait d’aurores boréales, de galaxies imaginaires, de poussières d’étoiles, de brouillards évanescents magiquement présents dans des œuvres comme « Silver Lining », « Nuage Soleil », « Between the line ». Dans ses trouvailles picturales Théo Lopez se rapproche souvent des éléments primaires. Le feu, l’eau, l’air, la terre donnent vie dans leurs combinaisons alchimiques à des cristaux, à des pierres précieuses, à des prismes merveilleux qui décomposent la lumière blanche et étalent leurs spectres arc-en-ciel dans les toiles.

 

Ses références picturales sont aussi à chercher du côté de Robert Hardgrave, Dave Kinsey, Yesnik, Futura 2000… mais son approche de la matière et de l’abstraction est originale. Il s’éloigne du graffiti et du post-graffiti même si des formes de lettres étirées, toujours illisibles accompagnées de leurs couleurs fluorescentes reprennent la dynamique et les rythmes des lettrages chers au Street Art. Le vrai lien à découvrir entre ses créations et l’art urbain se trouve dans sa dimension musicale car avec Théo Lopez la peinture explose et vibre comme des infrabasses. 

 

Dans des œuvres récentes de grands formats, « Gift », « High Lights », c’est toujours la couleur comme source d’énergie qui sert de point d’appui. Chaleureuse, comme le rayonnement d’un mur d’affiche en plein midi au mois d’août, elle s’achemine dans les œuvres pour provoquer une délectation, une joie profonde. L’artiste suggère ainsi que sa peinture est l’expression de la vie rêvée et s’organise comme une fonction cosmique. Théo Lopez, loin de sa rigueur géométrique initiale tend actuellement à dissoudre les formes élémentaires. Loin de susciter une seule émotion sensorielle, le tableau doit agir comme un objet enchanté abordant non seulement la vison des formes et des couleurs, mais aussi celle des absences, des dédoublements, des souvenirs, des ambivalences psychiques et physiques. Sa quête spirituelle rejoint celle de Rimbaud qui écrivait dans la Lettre au Voyant : «  L’esprit qui tire et qui accroche donne forme ou informe. » 

Le peintre fait le geste, celui qui regarde en reçoit la trace.

 

Renaud Faroux, Isolella, Août 2019.       

 

Contact:

Solo show

Septembre 2019: AURORA - Russo Yubero - Genève

Septembre 2018: HIDDEN SIDES - Art & Craft - Paris

Octobre 2017: BRAINSTORMING - ArtistikRezo - Paris

Juillet 2014: Apnée - NUNC - Paris

Février 2013: Méandres - H2 basement - Paris

Art Fair

Octobre 2019: Art Elysée - Ground Effect - Paris

Avril 2019: URBAN ART FAIR - Artistik Rezo - Paris 

Avril 2018: URBAN ART FAIR - Pretty Portal - Artistik Rezo - Paris

Fevrier 2018: URVANITY - Pretty Portal - Mardid

Avril 2017: URBAN ART FAIR Artistik Rézo - NUNC - Paris 

Avril 2016: URBAN ART FAIR Francs Colleurs - Paris


Publications

Octobre 2019: Vibrations Artistiques - Molitor 

Février 2017: Opus Délits #69 - Critère édition

Novembre 2015: Résidence avant destruction - 9ème concept

Juin 2014: Google cultural Institute - 9ème concept

2013: 9ème concept, 20 an de création Collective - Arttitude

 

Parutions

Juin 2018: Marketing Mag N°209: Le mot de la fin @Théo Lopez.

Mai 2018: Stratégies n°1951: «Dans le labo de Théo»

Avril 2017: Stuart Magazine #4 «Théo Lopez, l’Abstraction sensible.»

Novembre 2016: Guide de l’art Contemporain Urbain 2016

Interview

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